Micro, SASU ou portage : quel statut freelance choisir ?
Tu hésites entre micro, SASU et portage ? Voici un comparatif clair pour t'aider à choisir le bon statut freelance.
Le choix du statut, c'est souvent le premier casse-tête quand tu te lances en freelance. Et c'est normal : entre la micro-entreprise, la SASU et le portage salarial, c'est pas évident de s'y retrouver.
Le problème, c'est que la plupart des freelances choisissent leur statut au feeling, ou sur les conseils d'un pote qui est dans une situation complètement différente. Et 12 mois plus tard, ils se retrouvent à changer de statut parce que ça ne colle plus.
Dans cet article, on va comparer les 3 statuts les plus utilisés pour que tu puisses faire un choix éclairé.
1. La micro-entreprise : simple, rapide, idéale pour démarrer
C'est le statut préféré des freelances qui débutent, et à raison. La création est gratuite, l'administratif est ultra-light, et tu paies tes charges uniquement sur ce que tu encaisses.
Les avantages :
- Création en 10 minutes sur le site de l'URSSAF
- Charges sociales à ~22% du CA (prestations de services)
- Pas de TVA jusqu'à 36 800€ de CA (en 2026)
- Comptabilité simplifiée : un livre de recettes suffit
- Abattement forfaitaire pour l'impôt sur le revenu (34% pour les BNC)
Les limites :
- Plafond de CA à 77 700€ (prestations de services BNC). Si tu dépasses, tu sors du régime.
- Pas de déduction de charges réelles. Ton coworking, tes logiciels, ton matériel — tu ne peux rien déduire.
- Protection sociale minimale. Pas d'assurance chômage, indemnités journalières faibles.
- Responsabilité illimitée sur ton patrimoine personnel (sauf ta résidence principale).
C'est pour toi si : tu démarres, ton CA est en dessous de 50-60k€, tu as peu de frais pro, et tu veux zéro prise de tête administrative.
2. La SASU : pour scaler et optimiser
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), c'est le statut des freelances qui veulent passer un cap. Tu crées une vraie société, avec une personnalité morale distincte de la tienne.
Les avantages :
- Pas de plafond de CA. Tu factures autant que tu veux.
- Déduction de toutes tes charges réelles (logiciels, matériel, déplacements, repas, formations...)
- Possibilité de se verser des dividendes (impôtés à la flat tax de 30%)
- Protection du patrimoine personnel : ta responsabilité est limitée au capital social
- Crédibilité auprès de certains clients (grands comptes notamment)
- ARE compatible : tu peux maintenir tes allocations chômage en ne te versant pas de salaire
Les limites :
- Charges sociales élevées sur le salaire : environ 80% de charges patronales + salariales
- Coût de création : entre 200€ et 800€ selon que tu fasses seul ou avec un expert
- Comptabilité obligatoire : bilan, compte de résultat, déclarations TVA... Il te faut un comptable (~150€/mois)
- Complexité administrative : bulletins de paie si tu te verses un salaire, AG annuelle, dépôt des comptes...
C'est pour toi si : tu dépasses (ou vas dépasser) les plafonds de la micro, tu as beaucoup de frais à déduire, tu veux optimiser entre salaire et dividendes, ou tu touches encore l'ARE.
3. Le portage salarial : le freelance avec filet de sécurité
Le portage salarial, c'est un hybride : tu trouves tes propres missions, mais c'est une société de portage qui facture le client à ta place. Toi, tu reçois un bulletin de salaire.
Les avantages :
- Statut de salarié : chômage, mutuelle, prévoyance, cotisations retraite
- Zéro administratif : pas de création de société, pas de comptabilité
- Idéal pour tester le freelancing sans prendre de risque
- Accès au crédit immobilier plus facile (les banques adorent les CDI)
Les limites :
- Les frais de gestion : la société de portage prend entre 5% et 10% de ton CA
- Charges salariales + patronales : au total, environ 50% de ton CA part en charges et frais
- TJM minimum généralement requis : souvent autour de 300€/jour
- Moins de liberté : tu ne choisis pas tes outils de facturation, tes conditions de paiement, etc.
C'est pour toi si : tu veux la sécurité du salariat avec la liberté du freelance, tu as un projet immobilier en cours, ou tu veux tester avant de te lancer "pour de vrai".
4. Le comparatif en un coup d'œil
| | Micro-entreprise | SASU | Portage salarial | | ---------------------- | -------------------- | ----------------------- | -------------------- | | Charges | ~22% du CA | ~60-80% du salaire brut | ~50% du CA | | Plafond CA | 77 700€ | Aucun | Aucun | | Déduction frais | Non | Oui | Partiel | | Protection sociale | Minimale | Bonne (si salaire) | Excellente | | Complexité admin | Très faible | Élevée | Nulle | | Coût de lancement | Gratuit | 200-800€ | Gratuit | | Chômage | Non | Oui (sous conditions) | Oui | | Idéal pour | Débuter | Scaler | Sécuriser |
5. Et si tu changes d'avis ?
Rien n'est définitif. Beaucoup de freelances commencent en micro-entreprise, puis passent en SASU quand le CA décolle. D'autres testent en portage avant de créer leur structure.
Le meilleur statut, c'est celui qui correspond à ta situation actuelle, pas celle que tu espères dans 2 ans. Tu pourras toujours évoluer.
Quelques signaux pour savoir qu'il est temps de changer :
- Tu approches des plafonds micro → passe en SASU
- Tu as beaucoup de frais pro non déductibles → passe en SASU
- Tu veux l'ARE + freelance → SASU sans salaire
- Tu veux un crédit immo → portage (temporairement)
Simule ta situation
Plutôt que de te fier uniquement à cet article, teste avec tes propres chiffres. On a créé un comparateur de statuts freelance qui te permet de voir, pour un même CA, combien tu gagnes réellement en micro, en SASU et en portage.
Tu peux aussi utiliser notre simulateur de charges micro-entreprise et le simulateur de dividendes SASU pour affiner ton calcul.